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Anciens serments, magie celtique et âmes qui refusent d’oublier


Il y a quelque chose, dans les anciens serments, qui m’a toujours hantée.

Une promesse faite sous des ciels anciens.

Un amour déclaré avant une bataille.

Un nom murmuré au bord d’un portail.

Une main tendue vers une autre à travers la mort, l’exil, le temps ou l’oubli.


Dans la fiction, les serments sont puissants parce qu’ils refusent de rester ordinaires.

Ils deviennent des fils.

Ils lient les personnages non seulement les uns aux autres, mais aussi au destin, à la mémoire, aux conséquences, et aux choix qu’ils ont faits autrefois, lorsqu’ils n’en comprenaient pas encore le prix.


Dans Les Chroniques d’Eydenia, les anciens serments sont partout.

Certains sont prononcés.

Certains sont enfouis.

Certains sont brisés.

Certains survivent même lorsque ceux qui les ont faits ont oublié.

C’est cela qui m’intéresse le plus : le serment qui demeure lorsque la mémoire, elle, a disparu.

L’âme sait encore.

Le corps réagit encore.

Le cœur souffre encore.

Le rêve revient encore.

Mais l’esprit n’a aucune carte.

C’est là que la magie celtique entre dans l’histoire.


Pour moi, la magie celtique ne se résume pas à des sortilèges, des rituels, des symboles ou des références mythologiques. C’est une atmosphère. C’est le sentiment que le monde visible n’est pas le seul qui existe. C’est l’impression que les pierres, les forêts, les rivières, les seuils et les noms peuvent conserver la mémoire. C’est la conviction que le passé n’est pas mort, que l’Autre Monde est plus proche que nous ne le pensons, et que certains lieux se souviennent de nous même lorsque nous nous sommes oubliés nous-mêmes.

Ce type de magie façonne profondément Eydenia.

La saga porte en elle des échos druidiques, des portails sacrés, une mémoire ancestrale, des lignées divines, des terres oubliées et cette tension constante entre lumière et obscurité. Mais sous tout cela, elle parle surtout d’âmes qui tentent de se souvenir de ce que le temps, la douleur et les ténèbres ont cherché à effacer.


Evi.

Evlyn.

Milhead.

Les anciennes lignées.

Les serments.

Les mondes derrière le voile.

Tous font partie d’une question plus vaste :

Qu’est-ce qui survit à l’oubli ?


Dans beaucoup d’histoires, l’oubli est traité comme un vide. Un espace blanc. Une perte.

Mais dans mon univers, l’oubli est souvent bien plus dangereux que cela.

L’oubli peut être une arme.

Une malédiction.

Une fracture.

Une forme d’exil loin de soi-même.

Lorsqu’un personnage oublie qui il est, ce qu’il a aimé, ou ce qu’il a autrefois promis, il devient vulnérable à des mondes construits sur le silence. Il peut être manipulé. Divisé. Éloigné de son propre pouvoir. Maintenu loin de la vérité.

C’est pour cela que le souvenir est si important.

Se souvenir ne signifie pas seulement regarder en arrière.

C’est reprendre possession.

Reprendre possession de son identité.

De son amour.

De son pouvoir.

De l’histoire qui a été volée, cachée, enterrée ou réécrite par quelqu’un d’autre.


C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je suis si attirée par les paysages celtiques dans ma fiction. La Bretagne, l’Irlande et l’Écosse portent toutes, pour moi, le langage émotionnel de la mémoire.

Les vieilles pierres.

La brume.

La pluie.

Les falaises face à la mer.

Les forêts anciennes.

Des lieux qui ressemblent davantage à des seuils qu’à de simples décors.

Ils portent l’atmosphère des histoires que j’aime le plus : hantées, sacrées, sauvages, tendres, et habitées par des choses invisibles.


Dans Eydenia, ces influences deviennent une partie de l’architecture spirituelle de la saga. La magie n’est pas séparée de la terre. Elle circule à travers les lieux, l’ascendance, la prophétie et le corps.

Elle n’est pas toujours spectaculaire.

Parfois, elle est un murmure.

Parfois, un rêve.

Parfois, la certitude soudaine qu’un nom, un symbole ou un chemin attendait ton arrivée.

Les anciens serments fonctionnent de la même manière.

Ils attendent.

Ils attendent sous la peur.

Sous la vie ordinaire.

Sous le chagrin.

Sous l’incrédulité.

Sous tout ce que le monde nous apprend à appeler impossible.

Et puis quelque chose les réveille.

Un visage.

Un lieu.

Une chanson.

Une mort.

Un portail.

Un contact.

Un rêve.

Soudain, l’âme se souvient de ce que l’esprit n’est pas encore capable de contenir.

C’est l’un des moments que je préfère écrire.

Parce que ce n’est pas seulement romantique.

C’est spirituel.

Émotionnel.

Terrifiant.

Transformateur.

Une âme qui se souvient n’est plus aussi facile à contrôler.

Une héroïne qui se souvient n’accepte plus de rester petite.

Un amour qui se souvient devient plus qu’un désir. Il devient une force qui traverse le temps et exige la vérité.


C’est pour cela que mes histoires semblent souvent faites à la fois de chagrin et de magie.

Parce que la mémoire revient avec les deux.

Elle ramène la beauté, oui.

Mais elle ramène aussi ce qui a été perdu.

Ce qui a été brisé.

Ce qui a été promis sans être accompli.

Ce qui demande encore à être guéri.

Les anciens serments ne sont pas puissants parce qu’ils sont parfaits.

Ils sont puissants parce qu’ils perdurent.

Ils traversent les vies.

Ils survivent au silence.

Ils attendent dans l’obscurité.

Ils reviennent lorsque les personnages sont enfin prêts — ou lorsque le monde ne peut plus se permettre qu’ils oublient.


Dans Eydenia, l’amour n’est pas seulement un sentiment.

C’est un serment qui contient de la mémoire.

Un serment qui dit :

Je te retrouverai.

Je me souviendrai.

Je reviendrai vers ce qui était vrai.

Même si le temps, l’ombre et l’oubli se dressent entre nous.

Et c’est peut-être pour cela que ces histoires comptent autant pour moi.

Parce que quelque part sous la fantasy, la prophétie, la magie celtique et cette romance qui touche l’âme, il existe un espoir très simple :

que ce qui est sacré ne puisse pas être effacé si facilement.

Que l’âme conserve ses propres archives.

Que l’amour puisse survivre à l’oubli.

Et qu’un jour, lorsque la bonne porte s’ouvrira, nous puissions nous souvenir du serment que nous portions depuis toujours.

 
 
 

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